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Révélations sur un crime d’Etat

Par Alain Louyot, L’EXPRESS, 7 Octobre 1999

 La très populaire danseuse et actrice Piseth Pilika a-t-elle été assassinée par les plus hauts dignitaires du régime? Les témoignages exclusifs et les documents inédits recueillis par L’Express le confirment

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Alors que, le corps criblé de balles, elle se vidait de son sang, en ce funeste matin du 6 juillet 1999, la star tant aimée et admirée des Cambodgiens a voulu rendre justice aux 2 millions de victimes anonymes de la monstruosité khmère rouge.

Piseth Pilika a murmuré à sa nièce de 7 ans, blessée elle aussi, à sa sœur et à sa cousine, qui la conduisaient à tombeau ouvert vers l’hôpital Calmette de Phnom Penh, le nom de son assassin. Un nom déjà tristement célèbre sous le régime de Pol Pot et qu’elle cite plusieurs fois dans les dernières pages de son journal intime. En demandant à ses proches de le divulguer, au cas où elle serait tuée, comme on le lui avait prédit.

Pilika a succombé à ses blessures le 13 juillet dernier. Et il appartient aujourd’hui à L’Express, auquel les témoins de cette tragédie se sont confiés, faute de pouvoir le faire à la police de leur pays, d’exécuter la dernière volonté de cette danseuse et actrice de cinéma, abattue de plusieurs coups de revolver tirés à bout portant par un tueur à gages au nom d’une pseudo-raison d’Etat.

Car le meurtre de Pilika, fauchée à 34 ans en pleine gloire, a été le crime de trop infligé aux Cambodgiens. Et ses tout-puissants commanditaires, anciens communistes khmers rouges, apprendront peut-être un jour à leurs dépens qu’il ne suffit pas d’être très haut placé pour s’arroger le droit d’assassiner une étoile.

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 Le 18 juillet dernier, à Phnom Penh, lors des funérailles de Piseth Pilika (Each Chandara, son beau-frère, lui tient la main): plus de 10 000 personnes assistaient aux obsèques.

 Ses obsèques, mi-juillet, furent, dit-on, les plus émouvantes de ferveur populaire qu’ait connues Phnom Penh depuis vingt ans. Porté par la foule de ses admirateurs, au son lancinant du tambour et de la flûte traditionnelle khmère, son cercueil fut incinéré sur le campus de l’université des Beaux-Arts, où la vedette adulée enseignait la danse classique.

« Pilika était la plus grande actrice incarnant la culture cambodgienne… Avec sa famille, je fais le vœu, pour le repos de son âme, que son meurtrier soit bientôt arrêté, que justice lui soit rendue », déclare, très émue elle aussi, la princesse Bopha Devi, fille aînée du roi Norodom Sihanouk.

« Nous t’aimions car tu étais belle, douce, modeste et généreuse, nous ne t’oublierons jamais! » sanglotaient des milliers de petites gens accourus de tout le pays, alors qu’une fumée blanche s’élevait du bûcher funéraire pour emporter leur idole vers le ciel.

« Un jour, elle est venue m’acheter des oranges. J’ai été fascinée par sa beauté et sa sagesse. Son image reste depuis gravée dans mon cœur », confie alentour une maraîchère en déposant un bâton d’encens et quelques billets de banque en offrande.

Pour accompagner ce deuil quasi national, nombre de boutiques baissent spontanément leur rideau, tandis que l’industrie musicale et la presse cambodgiennes augmentent les cadences. Les plus grands paroliers et compositeurs du pays décrivent l’épopée tragique de Pilika.

« Quelle faute ai-je commise? » s’interroge la star défunte par la voix d’une célèbre chanteuse dont les disques s’arrachent bientôt sur les étals du marché central de Phnom Penh. Un autre « tube » s’intitule La Mort de notre fiancée

Sur les ondes, Radio 103 ouvre la nuit son antenne pour recueillir les condoléances des fans de l’actrice disparue. Quant aux journaux, ils atteignent des tirages record, tels le Ramsei Kampuchea et le Koh Santepheap, dont les imprimeries ne suffisent plus à répondre à l’attente des lecteurs, à leur besoin de comprendre le pourquoi de ce crime qui leur fait horreur.

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Hun Sen et sa femme Bun Rany, lors d’un voyage dans la province de Kompong Thom.

 
En ce début d’octobre 1999, trois mois se sont écoulés depuis le drame, mais nul ne leur a fourni le moindre élément de réponse. « Les témoins de la mort de l’actrice n’ont toujours pas été entendus », titrait déjà The Cambodia Daily plus de quinze jours après l’assassinat. Le sous-titre de l’article était lui aussi éloquent: « beaucoup se cachent par crainte des gens puissants ».

Et le journaliste d’expliquer : « De nombreuses personnes étaient présentes dans la très passante rue nº 182 au moment où les coups de feu ont été tirés sur l’actrice, mais toutes se retranchent derrière un voile de silence. Beaucoup confient que, s’ils parlent ouvertement à la police, ils craignent d’avoir des ennuis… » C’est que de nombreux journaux cambodgiens commencent à insinuer que la ravissante Piseth Pilika aurait été abattue sur ordre d’un haut personnage de l’Etat.

L’un d’eux, Samleng Yuvachon Khmer (« La Voix de la jeunesse khmère »), cite même certaines sources selon lesquelles l’actrice aurait été assassinée pour empêcher un scandale « du type de l’affaire Lewinsky ». Et va même jusqu’à publier une photo du couple Clinton à côté de celle du Premier ministre cambodgien, Hun Sen, et de sa femme, Bun Rany…

Le journal intime où Pilika mentionne les menaces de mort dont elle est l’objet de la part de la femme du Premier ministre, Hun Sen.

 Or, L’Express est en mesure de l’affirmer: c’est bien le nom de l’épouse de l’actuel chef du gouvernement cambodgien que Piseth Pilika consigne dans son journal intime et prononce plusieurs fois avant de mourir. En effet, ce matin du 6 juillet où elle a rendez-vous avec son destin, la célèbre danseuse n’est pas seule. Plusieurs personnes de sa famille (deux adultes et deux enfants) l’accompagnent, car elle a décidé d’offrir un vélo à son neveu de 12 ans, qui vient de réussir un examen.

A peine sont-ils entrés chez le marchand de cycles Derong, dans le quartier du vieux marché O’Russei de Phnom Penh, qu’un homme d’une trentaine d’années pénètre calmement dans la boutique, puis vide son arme sur Piseth Pilika. Sa nièce, Sereimean, est, comme nous l’indiquions plus haut, blessée dans la fusillade. Avec la sœur de l’actrice, elle a pu fuir le Cambodge par la route, à travers la Thaïlande. Nous les avons toutes deux rencontrées, voilà moins d’une semaine, quelque part en Europe.

« Lorsque le monsieur a tiré la première fois, j’ai d’abord cru que c’était un pneu de bicyclette qu’on crevait, raconte timidement la petite fille en serrant dans ses mains valides sa poupée Barbie. Ma tante est alors tombée à la renverse en criant « Aidez-moi!  » et je me suis jetée par terre contre elle. J’ai eu alors très mal », poursuit l’enfant, touchée à son tour, alors que le tueur achève froidement son travail avant de fuir sur une moto conduite par un complice.

La balle qui a traversé le bras droit de la gamine et s’est logée dans son abdomen n’a pas pu être extraite. Toujours accompagnées des deux enfants, la sœur et la cousine portent sur la banquette arrière de leur voiture l’actrice très grièvement blessée pour la conduire au plus vite à l’hôpital. Pendant le trajet, Pilika – qui ne mourra qu’une semaine plus tard – trouve la force de prononcer encore quelques paroles.

« Ma tante allongée près de moi a dit: « C’est Mme Hun Sen qui a fait ça » », raconte posément la petite fille, dont l’émotion contenue et le regard de franchise ne sauraient tromper. La sœur de Pilika, confidente de la première heure de la liaison de l’actrice avec le Premier ministre Hun Sen, confirme avec force et sérénité ce témoignage.

Elle ajoute: « Quand ma sœur, sur son brancard, a réalisé qu’on l’avait conduite à l’hôpital Calmette, où sont soignés tous les dignitaires du régime, elle voulut en repartir, de peur qu’on l’achève. » Elle y mourra donc sept jours plus tard, après avoir repris connaissance entre deux interventions chirurgicales.

 Poème d’amour de la main de Hun Sen adressé à Pilika au temps de leur liaison. Des comparaisons graphologiques l’ont authentifié.

  

Mais plus effrayants encore sont les accusations et le récit de sa tragique idylle qu’a fait la star cambodgienne dans son journal intime, que L’Express a pu consulter. A la page du lundi 10 mai 1999 – soit deux mois avant son assassinat – elle écrit: « M. Hok Lundy, directeur général de la police nationale, m’a demandé de venir le voir parce qu’il avait quelque chose d’important à me dire.

Il a envoyé deux gardes du corps me chercher. J’ai demandé à ma sœur de m’accompagner... J’ai rencontré Hok Lundy dans un restaurant discret du quartier de Kien Svay. Il m’a alors conseillé d’aller me cacher quelque part pendant un certain temps, parce que Mme Bun Rany Hun Sen était furieuse de jalousie contre moi et voulait me tuer… Je ne sais s’ils épargneront ma vie ou s’ils me condamneront à mort parce qu’ils sont les maîtres du pays… Seul Dieu peut me venir en aide… »

Le fait que Hok Lundy, le directeur de la police, a pris le risque, pour sa carrière, de prévenir la star cambodgienne du terrible danger qui la guette n’est pas très surprenant. D’abord, parce que, comme tous les Cambodgiens, il était l’un de ses admirateurs et peut-être même un peu amoureux d’elle. Mais surtout parce qu’il est originaire du même village que Pilika, dans la province de Svay Rieng, limitrophe du Vietnam.

C’est d’ailleurs dans ce pays, confiera l’actrice à sa sœur, que le chef de la police lui a conseillé d’aller se réfugier au plus vite.

Le danger se précise en effet dès le jour où Hun Sen rompt avec sa jeune maîtresse, après que son épouse a découvert leur liaison. « Je n’étais qu’un insecte attiré par une flamme », écrit-elle dans son journal. Issue d’un milieu extrêmement modeste et ayant perdu ses parents à l’âge de 13 ans, morts de malnutrition et de maladie sous la férule de Pol Pot, la jeune femme, mal mariée, ne pouvait être que fascinée par la déclaration d’amour que lui fit, en août 1998, le Premier ministre de son pays.

Au début, elle n’ose même pas le nommer en consignant ses souvenirs :

« Tard dans la nuit,… m’appela au téléphone. J’étais très heureuse, à la fois pleine de crainte et de joie, je pouvais à peine parler. Puis rien. Ensuite, il m’appela de nouveau. Cette fois, je n’éprouvai que de la joie parce qu’il avait pensé à moi; ses paroles étaient dignes de respect et d’amour… Notre premier rendez-vous eut lieu le mardi 18 août 1998, à 8 heures, dans la maison derrière la pagode Botum.Je décidai de demander le divorce, car je pensais que je ne pouvais pas rester mariée, même si le nouveau devait m’abandonner…

Ma relation avec… devint de plus en plus proche. » Quelques mois plus tard, le nom du Premier ministre apparaît en toutes lettres dans le journal intime: « Mes relations avec Samdech Hun Sen sont excellentes… Le 31 janvier 1999, peu avant 22 heures, il est venu à la nouvelle maison que je venais d’acheter à Takhmao. Puis il m’a rendu à nouveau visite la nuit… Ses paroles étaient si douces que je n’osais y croire… »

Dans ce pays si pauvre, Hun Sen étourdit sa ravissante maîtresse de somptueux cadeaux. Il lui achète – en liquide – un terrain proche de sa propre résidence et une maison pour un montant de quelque 180 000 dollars. Et lui ouvre un compte bancaire garni de 200 000 dollars. Simultanément, le Premier ministre intervient discrètement auprès de la justice afin d’accélérer la procédure de divorce de sa maîtresse.
 

Hélas, si l’ex-mari, avec lequel l’actrice a eu un fils, refait sa vie en Australie – il reviendra à Phnom Penh assister aux obsèques – l’idylle clandestine de Pilika avec Hun Sen tourne bientôt au cauchemar. « Quand sa femme apprit notre relation et que nous cessâmes de nous parler au téléphone, mon cœur se brisa… Le dimanche 11 avril 1999, Samdech Hun Sen m’appela une dernière fois.

Il me demanda de ne plus le voir et de nier que quoi que ce soit se fût passé entre nous… Je ne pouvais l’oublier, je restais des heures prostrée… J’écrivais des poèmes qui venaient du fond de mon âme, je pleurais tous les jours et mon cœur était rempli d’amertume. »

Mais au chagrin va bientôt s’ajouter l’humiliation. Le lundi 19 avril, un influent homme d’affaires cambodgien, proche de Hun Sen, qui travaille notamment pour plusieurs sociétés étrangères, convoque l’actrice et la somme d’apposer ses empreintes digitales sur un acte de vente transférant à l’épouse du Premier ministre la maison que ce dernier lui avait offerte.

 

« Je fus profondément meurtrie, je ne pus articuler un mot et m’exécutai, la mort dans l’âme », écrit Pilika. Quelques jours plus tard, lorsqu’elle se rend à la banque Canadia pour retirer de l’argent, elle apprend que son compte a été fermé sur ordre de Bun Rany, la première dame du pays. De la même façon, des émissaires lui sont envoyés pour récupérer tout ce qu’elle a pu recevoir de son illustre amant: un 4 x 4 Toyota, un téléphone, des photos…

Elle réussira cependant à cacher et à conserver un poème écrit de la main de Hun Sen – depuis formellement identifié comme tel par des études graphologiques comparatives avec des documents officiels – ainsi que quelques effets personnels du Premier ministre oubliés chez sa jeune maîtresse. Autant de précieuses pièces à conviction placées aujourd’hui en lieu sûr, loin de Phnom Penh.

 Mais, en dépit des humiliations infligées à Pilika, la soif de vengeance de Mme Bun Rany Hun Sen est loin d’être satisfaite. Une première fois, des tueurs à gages sont pressentis, ce qui ne pose guère de problème dans ce Cambodge aux airs de Far West où on peut louer leurs services pour 400 dollars seulement.

Mais voilà: lorsqu’il s’agit d’éliminer une star aussi adulée, même les plus « professionnels » des criminels cambodgiens peuvent avoir des états d’âme. Après avoir refusé cette mission, les membres du commando initialement contactés préviennent les proches de l’actrice, puis vont se cacher dans une zone frontalière.

La seconde équipe, elle, remplira son contrat. Quatre jours après l’assassinat, le beau-frère de Pilika, Each Chandara, le père de la petite Sereimean blessée par balle et confidente des dernières paroles de sa tante, est coincé dans sa voiture par plusieurs véhicules de l’armée. Des membres de la police militaire le tabassent à coups de crosse et le menacent: « Tu la boucles, ne t’occupe pas de la mort de ta belle-sœur! »

Un attroupement se forme alors dans ce quartier nord de Phnom Penh, après le départ des soldats. L’incident est relaté en première page du Cambodia Daily du 12 juillet. Au ministère de l’Intérieur et à l’état-major, on affirme ne pas être au courant…

 « Nous savons, depuis le jour de l’assassinat, que, de toute façon, notre vie est en danger. Si nous parlons et que la vérité éclate au grand jour dans notre pays et à l’étranger, ce sera notre meilleure protection », estime la sœur de Piseth Pilika. Déjà, aux Etats-Unis, certaines personnalités se mobilisent pour que justice leur soit rendue: une lettre officielle vient d’être adressée, le 16 septembre, au secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright, par un membre du Congrès, Dana Rohrabacher, pour l’alerter sur la possible implication de Hun Sen et de son épouse dans le meurtre de Piseth Pilika.

Ce qui est sûr, c’est qu’à travers le destin tragique de leur star les Cambodgiens ont reconnu le leur. Avec tous les ingrédients de la vie à Phnom Penh: pouvoir absolu, impunité et cynisme de dirigeants qui sont d’anciens Khmers rouges – Hun Sen commandait un de leurs régiments – et prétendent aujourd’hui juger leurs ex-frères en barbarie; corruption et violence au sein d’un monde d’anarchie; détresse de la femme dans une société où celle-ci est bien souvent réduite à un objet de plaisir et à un rôle de servante.

Nous éclairer sur tout cela afin que son sacrifice, comme tant d’autres avant le sien, ne soit pas vain, c’est sans doute ce qu’a voulu faire, avant de s’éteindre, l’étoile des Cambodgiens.

Cambodia : Red Alert HUN SEN PROVOKES CIVIL WAR

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On June 6, 2013, by expelling all opposition deputies from the National Assembly and in proclaiming, arbitrarily and illegally, the end of their mandates based on universal suffrage, Prime Minister Hun Sen has created the preconditions for a civil war.

The Peace Agreements signed in Paris on October 23, 1991 guarantee for Cambodia a political regime based on « liberal and pluralist democracy » resulting from « free and fair elections. « 

However, less than two months away from legislative elections set for July 28, 2013, Mr. Hun Sen has decided to simply do away with the parliamentary opposition and to relieve himself of the burden of any pretense of democracy. This has exposed a totalitarian, single-party regime which openly breaches the Paris Peace Agreements.

Following this institutional coup d’état, the National Assembly is in breach of the Constitution, and the government of Mr. Hun Sen is operating outside the law.

This resort to force is all the more grave in the light of the persistant refusal of Mr. Hun Sen to follow the recommendations of the United Nations concerning the reforms needed to ensure « free and fair elections. « 

Faced with this situation of exceptional seriousness, the international community must condemn Cambodia’s totalitarian drift more firmly than ever, as well as the farce that any election that fails to take into account the United Nations recommendations represents. It must refuse to recognize any government resulting from such an election.

Even if the parliamentary opposition represented by the Cambodia National Rescue Party (CNRP) takes part in the coming ballot, to avoid the development of a political void, and to show the failure of an unjust electoral system to halt the opposition’s advance, it will seek the cancellation of any election which does not take into account the recommendations of the United Nations and which distorts the will of the Cambodian people.

Mr Hun Sen’s resort to force means that Cambodia faces a period of uncertainty and instability which could lead to the civil war that he himself has threatened to stage.

Sam Rainsy

CNRP President
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CAMBODGE : ALERTE ROUGE

HUN SEN A DECLENCHE LA GUERRE CIVILE

Le 6 Juin 2013, en chassant tous les députés de l’opposition de l’Assemblée Nationale et en proclamant arbitrairement et illégalement la fin de leur mandat issu du suffrage universel, le Premier Ministre Hun Sen a créé les prémisses d’une guerre civile.

Les Accords de Paix signés à Paris le 23 Octobre 1991 garantissent au Cambodge un régime politique relevant de la « démocratie libérale et pluraliste » et obtenu par des « élections libres et équitables ».

Or, à moins de deux mois des élections législatives prévues pour le 28 juillet 2013, Mr. Hun Sen a décidé de se débarrasser, tout simplement, de l’opposition parlementaire et de ne plus s’encombrer d’une quelconque façade démocratique, dévoilant ainsi un régime totalitaire à parti unique qui viole ouvertement les Accords de Paix de Paris.

A la suite de ce coup d’état institutionnel d’une gravité exceptionnelle, l’Assemblée Nationale se retrouve en conflit avec la Constitution, et le gouvernement de Mr. Hun Sen se met lui-même hors-la-loi.

Ce coup de force sera d’autant plus lourd de conséquences qu’il fait suite au refus persistant de Mr. Hun Sen de suivre les recommandations des Nations Unies concernant des réformes à entreprendre pour assurer des « élections libres et équitables ».

Devant cette situation d’une gravité exceptionnelle, la communauté internationale doit condamner plus fermement que jamais la dérive totalitaire au Cambodge ainsi que la farce électorale que représenterait toute élection qui ne tiendrait pas compte des recommandations des Nations Unies. Elle ne doit pas reconnaître tout gouvernement issu d’une telle élection.

Même si l’opposition parlementaire représentée par le CNRP participe au prochain scrutin pour ne pas laisser de vide politique et pour montrer sa force grandissante en dépit des difficultés, elle demandera l’annulation de toute élection qui ne tiendrait pas compte des recommandations très justes des Nations Unies et qui foulerait au pied la volonté du peuple cambodgien.

Le coup de force de Mr. Hun Sen ouvre pour le Cambodge une période d’incertitude et d’instabilité pouvant déboucher sur une guerre civile suivant une menace formulée par Mr. Hun Sen lui-même.

Sam Rainsy

Président du CNRP

Camarade Hun Sen alias Hun Bonal aka Hai Phúc

8 avril 2013, Par le Dr Markus Karbaum
Asie du Sud Globe Magazine
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Ce n’est pas un secret que la « Stasi » , l’une des agences de polices secrètes les plus efficaces et répressives de la planète, avait un faible pour l’information. Son vaste réseau d’espions documenté sur presque tous les aspects de la vie en Allemagne de l’Est, et même infiltré au sein du gouvernement de l’Allemagne de l’Ouest et les agences d’espionnage Ouest Allemand. Le net l’agence de renseignement communiste a été jeté au-delà des frontières de l’Europe, avec ses tentacules atteignant jusqu’au Vietnam, devenu son plus proche allié en Asie du Sud-Est.Enterré, et étalé sur 111 kilomètres d’étagères, les documents accumulés par la Stasi, archives sous l’autorité actuellement de l’ Allemagne, documents rédigés par les autorités vietnamiennes concernant certains membres de l’élite dirigeante actuelle du Cambodge, à l’époque Membres qui avaient déserté le système Khmers rouges dans les années 1970.Le Nord-Vietnam et les Khmers rouges étaient de proches alliés, et cela jusqu’aux guerres civiles qui ont fait des ravages dans leurs pays et ce sont terminées en 1975, après quoi il y eu de sérieux différents à la frontière et cela empoisonna les relations entre les deux régimes. A Phnom Penh, dirigeant des Khmers rouges Pol Pot et ses sbires craignaient les espions vietnamiens s’introduisent dans leur parti et commencèrent les purges dès 1977. De nombreux dirigeants khmers rouges – y compris l’actuel Premier ministre du Cambodge, Hun Sen – ont fui vers le Vietnam cherchant un changement en faisant allégeance au régime et dirigeants du Viet- Nam. Craignant le contre-espionnage, les Vietnamiens détenaient, eux, et pour chaque agent, un dossier, dans lequel ils ont intégré les détails biographiques et mis des appréciations personnelles.

Bien intelligent le Vietnam a pu coopérer avec son homologue d’Allemagne de l’Est, être efficace et méthodique, les frères communistes ont coopéré dans divers domaines, y compris l’échange d’informations. Écrit entre 1978 et 1979 et plus tard traduit en allemand une fois qu’ils ont été remis à la Stasi, la MFS – HA II Nr. 38135 comprend des évaluations de personnes Vietnamiennes installées des postes de hauts rang au Cambodge, un pays «libéré» par les Khmers Rouge et occupé en 1979.

Il y a peu de doutes sur la véracité du dossier, qui comprend des profils d’environ 20 personnes et révèle la sévérité de certains de ceux qui voudraient devenir les leaders du Cambodge. Le dossier comprend des évaluations de personnes qui ne sont pas titulaires, après 1979 et de ceux qui l’ont fait pour une courte période seulement, en premier lieu Nou Beng (ministre de la Santé et des Affaires sociales dans les années 1980 et gouverneur de la province de Kratie après 1993) ainsi que Khang Sarin (ministre de l’Intérieur de 1981 à 1986). Certaines des personnes dans les fichiers ont disparu: chanter la chanson ? , Ministre de la sécurité nationale pendant 14 mois après son passage en tant que ministre de l’Intérieur de 1988 à 1992, décédé en 2000 et Chea Soth, ministre de l’urbanisme de 1981 à 1986, période en tant que vice-premier ministre avait, durant les années 1980, été membre du Parlement pendant quatre ans avant sa mort en 2012. Certains des fichiers ont été imprimés deux fois et d’autres censurés, certains sont minces avec seulement une ou deux pages par personne, tandis que d’autres comprennent des profils détaillés.

En général, les fichiers font appel systématique ? – compilé à partir des informations amassées chaotique plutôt que méthodiquement – et répertorient l’arrière-plan communiste de chaque personne.
( P.S Les fichiers font appels systématique = « Les fichiers sont classés répertoriés et compilés »)

Photo: Camarade Hun Sen alias Hun Bonal aka Hai Phúc
Plus de 20 ans après la chute du mur de Berlin, les dossiers de la Stasi est-allemande.

សំខាន់៖ ឯកសារសម្ងាត់ របស់ប៉ូលិស អាឡឺម៉ង់ខាងកើត បង្ហាញប្រវត្តិ ប្រាកដ របស់ មេគណបក្សប្រជាជន៖ ឈ្មោះពិត របស់ហ៊ុនសែន គឺ ហ៊ុនបូណាល់ ហៅ Hai PhúcThe Paper Trail [Stasi papers on Hun Xen, Chea Xim, Heng Xamrin and … Hor 5 Hong]April 8, 2013
By Dr Markus Karbaum
Southeast Asia Globe Magazine

It’s no secret that the Stasi, one of the world’s most effective and repressive secret police agencies, had a thing for information. Its extensive network of spies documented almost every aspect of life in East Germany and infiltrated West Germany’s government and spy agencies. The communist intelligence agency’s net was cast far beyond the borders of Europe, with its tentacles reaching as far as Vietnam, its closest ally in Southeast Asia.

Buried in 111 kilometres of documents at the Stasi archive authority in Germany are dossiers written by Vietnamese officials about some members of Cambodia’s current ruling elite when they defected from the Khmer Rouge in the late 1970s.

North Vietnam and the Khmer Rouge were close allies until civil wars that wreaked havoc in their countries ended in 1975, after which point serious border disputes poisoned the relationship between the regimes. In Phnom Penh, Khmer Rouge leader Pol Pot and his henchmen feared Vietnamese spies within their party and began purges in 1977. Numerous Khmer Rouge officers – including the current prime minister of Cambodia, Hun Sen – fled to Vietnam seeking a change of allegiance. Fearing counter-espionage, the Vietnamese detained them and for each officer prepared a dossier, in which they incorporated biographic details and personal assessments.

While Vietnamese intelligence may have been no match for its efficient and methodical East German counterpart, the communist brethren cooperated in various areas, including the exchange of information. Written between 1978 and 1979 and later translated into German once they were handed over to the Stasi, MfS – HA II Nr. 38135 includes assessments of people the Vietnamese would install in high-ranking positions in Cambodia, a country it ‘liberated’ from the Khmer Rouge and occupied in 1979.

There are few doubts about the veracity of the folder, which includes profiles of about 20 individuals and reveals unadorned views of some of those who would become Cambodia’s leaders. The dossier includes assessments of people who did not hold top positions after 1979 and of those who did for a short time only, such as Nou Beng (Minister of Health and Social Affairs in the 1980s and governor of Kratie province after 1993) and Khang Sarin (Minister of Interior from 1981 to 1986). Some of the people in the files have passed away: Sing Song, Minister for National Security for 14 months following his stint as Minister of Interior from 1988 to 1992, who died in 2000 and Chea Soth, Minister of Planning from 1981 to 1986, who enjoyed periods as deputy prime minister during the 1980s and was a member of parliament for four years prior to his death in 2012. Some of the files have been printed twice and others censored, some are thin with only one or two pages per person, while others comprise detailed profiles.

In general, the files appeal unsystematic – compiled from information amassed chaotically rather than methodically – and list the communist background of each person.

Similar to many of his fellow countrymen, Chea Sim – the current president of the Cambodian Senate and the ruling Cambodian People’s Party (CPP) – is described in a dossier as someone who hates Pol Pot and Ieng Sary (the late Khmer Rouge foreign minister), and has a strong will to topple the regime and rebuild Cambodia. While the author certifies that “comrade Xim demonstrates a morally good attitude towards the people”, he also states that he occasionally appears “conciliatory, craven and undecided”.

Som Rin is none other than Heng Samrin, who today chairs Cambodia’s National Assembly and who is honorary president of the CPP. When the Vietnamese wrote the dossier, Heng Samrin and Chea Sim led the Kampuchean United Front for National Salvation, which was founded in December 1978. After the fall of the Pol Pot regime, Heng Samrin was promoted to chairman of the People’s Revolutionary Council of the People’s Republic of Kampuchea in 1979 and chairman of the Council of State and secretary-general of the People’s Revolutionary Party two years later. Born as Heng Him in 1934, under Pol Pot he was commander of a military division – one of the highest positions held by all of those who fled the Khmer Rouge.

“He is a sincere man and honoured by many cadres due to his comprehension,” the dossier said of Heng Him. However, “[he] has a low education, does not talk a lot and sometimes he has an inferiority complex… his political understanding is limited”. The file finishes with the remark that “Rin” can absorb higher tasks once he has completed further education. From the vantage point of the present, one can only assume that Heng Samrin was successful in doing that.

Others were not so fortunate. Pen Sovan, Cambodia’s first prime minister after Pol Pot, was sacked after five months on the job and imprisoned in Vietnam for more than ten years. However, Pen Sovan’s file does not reveal any hint of reservation about him or any expectation of dissent.

In contrast, the file on Hor Nam Hong, who has been Cambodia’s Minister of Foreign Affairs for 15 years, discloses evidence that sheds light on a historic dispute regarding his role during the Pol Pot regime. Current opposition leader Sam Rainsy, who has been in self-imposed exile for more than three years, has maintained that Hor Nam Hong was the director of a prison during the Khmer Rouge period – a claim the minister has always rejected, asserting that he was only a common prisoner. According to the dossier, in 1977 Hor Nam Hong was interned in the Boeung Trabek re-education centre – a Khmer Rouge prison for former diplomats called back by the new government after April 1975.

“As the director of the camp, H. N. Hong is just the same prisoner as the others. However, it is easier for him and he can present the situation in the camp to Ieng Sary during his inspections,” the dossier reads.

Bou Thong, deputy prime minister in the 1980s, is described as “intelligent, inventive at work, resolute with good organisational skills”, while his “undemocratic behaviour” and “false ambition” are noted as weaknesses.

The dossier on Cambodia’s long-serving prime minister Hun Sen reveals that his “correct name is Hun Bonal. When he came to Vietnam, he called himself Hai Phúc.” In Hun Sen: Strongman of Cambodia, authors Harish C. Mehta and Julie B. Metha quote Hun Sen as saying the following in 1997: “I had to disguise myself as a person from Laos… They gave my name as Mai Phuc (meaning happiness forever), aged 26, a high-ranking cadre from Region X.” The reason cited for the new identity was to not “attract attention or give rise to suspicion”. As the book is based on statements made by Hun Sen that were not verified, this explanation for his name change can be questioned.

A commander by age 26, Hun Sen had an extraordinary military career. Three months after his escape to Vietnam in June 1977, Cambodia launched a vicious attack on the Vietnamese city of Tây Ninh, deeply straining relations with Vietnam. Perhaps it was for this reason that Hun Sen did not wish to be identified as a former commander of a Cambodian regiment that had nearly 2,000 soldiers along the border. However, Hai Phúc is neither a Laotian or Khmer name, but instead Vietnamese. Is it possible that Hun Sen wanted to demonstrate solidarity with his new allies by changing his name according to their language?

The dossier also addresses Hun Sen’s family background. Following his escape to Vietnam, Hun Sen was separated from his wife Bun Rany (born Sam Heang). A few days after she had given birth to their second child, Bun Rany, as the wife of a deserter, was taken into Khmer Rouge custody. Prior to their reunion in Phnom Penh in February 1979, both had received a message that the other was dead and Hun Sen had been introduced to a young woman whom he wanted to marry. The dossier says: “However, when his wife (Bun Rany) came back, he broke off with her resolutely and took her… to the Embassy of Kampuchea in Hanoi.”

While the Stasi archives centre has blacked out the name of the woman to protect her personal rights, the German documentation centre – through these dossiers – has once again shed light on the secret communist world prior to 1989.

Photo: Comrade Hun Sen aka Hun Bonal aka Hai Phúc
More than 20 years after the fall of the Berlin Wall, East Germany’s Stasi files are still throwing up some surprises – not least for those living in Cambodia

Hommage à Chut Wutty

Hommage à un écologiste assassiné pour avoir combattu la déforestation Chut Wutty (R.I.P)

chhut vuthy

Chut Wutty, directeur de Natural Resource Protection Group, a été tué par balles mercredi 25 avril alors qu’il accompagnait deux journalistes du quotidien anglophone Cambodia Daily, dans des forêts de la région de Koh Kong. La police l’a interpellé alors qu’il prenait des photos dans un secteur où de nombreux arbres venaient d’être abattus illégalement. Ce qui s’est passé ensuite reste confus. Il semble que l’un des policiers ait tenté de récupérer la carte mémoire de l’appareil photo et qu’une altercation s’en soit suivie.

Alors que Chut Wutty tentait de remonter à bord de sa voiture, les policiers auraient alors ouvert le feu avec un AK 47, le blessant au genou, puis mortellement à l’estomac. L’un des policiers aurait également été tué, atteint par une balle qui aurait ricoché.

Les deux journalistes ont été arrêtés, a confirmé le rédacteur de chef du Cambodian Daily. Ancien militaire, âgé de 48 ans et père de trois enfants, Chut Wutty avait commencé à travailler dans le secteur de l’environnement il y a une quinzaine d’années. Il avait joué un rôle majeur pour que la forêt centrale des Cardamomes soit classée forêt protégée en 2002.

Puis il avait fondé une petite association, Natural Resource Protection Group. Bien que disposant de faibles ressources financières l’association, grâce à un réseau efficace, avait souvent attiré l’attention des grands médias sur la destruction de la forêt au Cambodge. C’était l’un des rares militants à oser dénoncer, au péril de sa vie, la corruption du gouvernement et la collusion entre les autorités et des sociétés exploitant des forêts.

Il avait déjà eu plusieurs fois maille à partir avec la police et avait reçu des menaces de mort. En décembre, après avoir accompagné des journalistes du Phnom Penh Post dans la forêt des Cardamomes, il avait confié à son photographe qu’il craignait d’être assassiné.

L’excellent reportage du Phnom Penh Post intitulé « Logging in the wild west » en dit long sur l’étendue de ce trafic et l’implication des différents acteurs qui opèrent dans cette forêt. Il n’est malheureusement plus accessible sur le site du quotidien.

Mais compte tenu des révélations qu’il contient et au vu de l’actualité, nous l’avons recherché et retrouvé sur d’autres blogs tel que celui-ci. Merci aux deux médias qui voudrons bien nous pardonner le procédé.

Chut Wutty était l’un des militants les plus célèbres du pays. Mais de nombreux militants moins connus, des gardes forestiers ou encore des journalistes ont été ces dernières années, brutalisés, attaqués par des inconnus armés, menacés de mort parce qu’ils s’étaient fait l’écho de ce trafic de bois impliquant politiciens influents et militaires.

C’était le combat de sa vie. En plus de faire face à des adversaires bien plus puissants que lui, Chut Wutty, par ses actions, avait réussi à attirer l’attention du monde sur le sort des forêts du pays.

« Il ne se souciait pas des hauts gradés ou des personnes puissantes  » a déclaré son plus jeune frère. Sa mort a été accueillie comme une véritable tragédie chez les défenseurs de la nature :

« Il était plus ou moins seul. Il se dressait contre un système corrompu et n’avait pas le soutien d’ONG multinationales, il n’y avait que les locaux pour le soutenir. » a indiqué Marcus Hardtke, coordinateur du groupe ARA en Asie du sud-est et ami proche de Wutty, au Phnom Penh Post.

« Je pense que le gouvernement a perdu une grande chance de faire changer les choses. Wutty était un soldat, il est comme une victime de la guerre, une guerre pour maintenir la vie au Cambodge […] Il a eu un impact, un impact réel sur le terrain et dans les esprits des gens. »

Sa carrière d’éco-militant a duré près de 15 ans. Quinze années durant lesquelles il a joué un rôle fondamental dans la protection de la forêt des Cardamomes déclarée zone protégée depuis 2002.

Au Cambodge, s’attaquer à ce trafic est aussi dangereux que de s’attaquer aux cartels de la drogue, dit-on maintenant.

Devons nous unir et réagir pour soutenir le travaille des écologistes Cambodgien ? Qu’en pensez vous ?