Derrière le "Made in Cambodia" de nos vêtements

Derrière le « Made in Cambodia » de nos vêtements

On s’est tous sentis un peu fiers quand on achète un beau t-shirt chez H&M, Zara ou Gap et qu’on découvre sur l’étiquette le fameux « Made in Cambodia« . Je me souviens m’être auto-convaincue que c’était encore plus une bonne raison d’acheter une jupe bleue léopard chez l’un de ces magasins parce que quelque part je soutiendrai le travail de milliers de Cambodgiens.

salaire de la faim

Au Cambodge l’industrie textile est la plus importante activité manufacturière, elle représente 75 % des exportations du pays et emploie 335 400 travailleurs dont 91% sont des femmes. On se doute bien que si ces grandes enseignes internationales choisissent d’y délocaliser leur production, c’est pour profiter des bas salaires et maximiser leurs profits. C’est une pratique légale et plus que banale dans le monde du commerce, mais le problème est : où se trouve la limite entre profiter et exploiter ?

Depuis 2010, plusieurs centaines d’ouvrières se sont évanouies et certaines furent hospitalisées à cause de produits toxiques, mais aussi à cause de la surchage de travail, de la chaleur, d’une alimentation insuffisante et d’un mauvais environnement général dans des usines qui sont, à peu d’exceptions près, toutes insalubres et encombrées.

Un mouvement syndical de grève s’est alors formé pour dénoncer ces conditions de travail inhumaines et leurs salaires misérables de 61$ par mois. Mais malgré la coopération avec l’Organisation International du Travail (OIT), le gouvernement a rejeté la revendication d’un salaire minimum de 120$ par mois et a appelé à la reprise immédiate du travail.

La vérité c’est que malgré leurs protestations, ces travailleuses n’ont pas d’autre choix que d’accepter leur situation actuelle. Les grandes marques de la fast fashion industrie sont en constante demande de production, faisant toujours augmenter les carnets de commandes des usines textiles du pays. Plutôt que de se retrouver sans emploi, les ouvrières se résignent alors à travailler pour un salaire dérisoire et économiser sur leurs faibles dépenses quotidiennes pour joindre les deux bouts.

A ce jour le président du Syndicat libre des travailleurs, Chea Mony, a déclaré vouloir continuer le combat en menant une manifestation de masse si l’augmentation de leur salaire mensuel à 120 $ n’est toujours pas satisfaite. Quant aux grandes marques du textile, une pétition internationale a été initiée pour les pousser à payer des salaires décents à leurs usines fournisseuses au Cambodge.

Aujourd’hui vous pouvez vous-même agir en signant cette pétition sur ce site www.ladb.ch je vous invite fortement à regarder leur reportage suivant :

Et puis, pour tout vous dire, quand j’ai retrouvé cette fameuse jupe bleue léopard, je me suis vraiment dit que c’était une erreur. Alors, à la fois pour l’humanité mais aussi pour le bien de la communauté fashion : je m’excuse.

YES WE CAM!