UNE BELLE ROMANCE DE CHEZ NOUS

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UNE BELLE ROMANCE DE CHEZ NOUS

Les souvenirs d’enfance sont toujours remplis de moments inoubliables et surtout de jolis contes qui ont développé notre imagination. Cette version de ce conte Khmer m’a été racontée lorsque je pouvais avec ma sœur commander un de nos desserts favoris le « tapae » devant chez nous porté sur la tête d’une femme. Il n’est peut-être pas exact mais n’est-il pas plus romanesque comme cela ?
L’histoire d’amour de ce couple hors du commun est aussi connue au Royaume du Cambodge que Roméo et Juliette. Elle a ému chaque habitant de ce beau pays au plus profond de leur âme. Ils avaient tout compris au véritable amour. A la vie à la mort, ils se retrouveraient toujours.

L’histoire commence comme tout conte de fée. Il y a bien longtemps, dans un royaume lointain, où chaque être de la nature vivait en totale harmonie, s’étaient installés sur la plus haute branche du plus grand arbre au milieu d’une jungle enchantée, deux oiseaux magnifiques. La particularité de ces oiseaux était leur fidélité en amour. Le proverbe « vivre d’amour et d’eau fraîche » s’applique parfaitement à ce couple.
Un jour lors d’une journée de forte chaleur comme on en connait beaucoup dans ce pays, l’oiseau mâle décida de partir à la recherche d’un peu d’eau. Il promit à l’oiseau femelle de revenir le plus vite possible. Celle-ci avait un mauvais pressentiment mais elle le laissa s’envoler. Il quitta alors le nid à la recherche d’eau fraîche. Sur le chemin du retour, quelque chose d’étrange grandissait en lui, il était inquiet. Quelque chose n’allait pas. Il s’empressa alors de la rejoindre.
Au loin, il vit à la lisière de la jungle de grandes agitations. Pour la première fois il voyait les tigres courir derrière une proie sans vouloir la dévorer. Non, ils avaient tous le même but… Fuir la jungle en feu. L’oiseau mâle chercha sa moitié mais en vain. Malgré l’ampleur de l’incendie, il s’enfonça dans la jungle pour la secourir. Il arriva difficilement près du nid. Elle n’était plus sur la plus haute branche du plus grand arbre de la jungle mais plus bas, au sol, agonisant. Il lui demanda :
« -Pourquoi ne t’es-tu pas enfuie ?
– Je t’attendais… » répondit elle.
Avant de rendre leurs derniers soupirs, ils se promirent de se retrouver et de connaitre le même amour dans une autre vie. Et dans son dernier souffle, l’oiseau femelle fit le serment de ne parler à aucun autre mâle que lui, son bien aimé.

Pensez-vous que l’histoire s’arrête ici? Non, attendez la suite…

Quelques années plus tard, toujours dans ce même royaume lointain, vivait un homme très, très et même triplement très riche. Cet homme avait une fille d’une beauté inégalable, de longs cheveux noirs et des yeux fins en amandes. Cette jeune femme était de plus très mystérieuse… Elle attirait beaucoup les regards et faisait la convoitise des plus beaux partis de ce royaume. Mais rien ne la touchait, elle n’avait jamais daigné lâcher un mot à aucun homme, même pas un sourire ni même un regard. Son père était désespéré.
Il décida alors d’organiser un grand tournoi avec tous les hommes du royaume, le premier qui réussirait à la faire parler ou même sourire aurait sa main en retour. La première épreuve consistait à « faire cuire le riz au feu de bois ».
Ce qui arriva par la suite n’est que le signe du destin. Un jeune homme simple, pas très habile, voulu tenter sa chance. Il s’avança timidement devant le père et la fille avec d’autres prétendants afin de démarrer cette épreuve du « faire cuire le riz au feu de bois ». Aucun d’entre eux ne capta l’attention de la jeune femme à part ce jeune homme maladroit. Elle ressentait quelque chose en le voyant. Elle savait qu’il était spécial. De son côté, le jeune homme ne se doutait pas de ce qui se passait dans le cœur de la jeune femme. Il continua sans espoir jusqu’au moment où il sentit une présence près de lui. Elle était là, à ses côtés, avec un grand sourire et lui expliquait comment cuire le riz. Son père était abasourdi et heureux à la fois. Il savait qu’elle serait enfin heureuse.
Dans ces moments-là, on dit qu’on peut se souvenir de nos vies antérieures lorsque le « bien » a prédominé nos actions.
Ces deux êtres, amoureux l’un de l’autre, se sont souvenus de leur promesse passée. Elle versa des larmes de joies, elle ne pensait pas pouvoir un jour le retrouver.

Dans ce conte, certains y verront un enseignement bouddhique en référence à la réincarnation et d’autres y verront tout simplement une belle et « éternelle » histoire d’Amour.

Merci à Francis Goussard pour la photographie.
Si vous aussi vous connaissez ce conte, n’hésitez pas à ajouter des éléments ou à apporter des modifications.

– Reaksmey S.K.K.